Nous sommes donc ici à l’antipode de la science, du moins en tant que la science est toujours la science d’un objet. La sagesse est cependant une sorte de science, mais dans laquelle la théorie et la pratique cessent de se distinguer : c’est la science de la vie spirituelle, c’est-à-dire de l’esprit agissant, une science plus profonde et plus secrète que toutes les sciences, la seule où il y ait une identité nécessaire entre connaître et faire. Cette identité n’est pas un paradoxe, comme on le croit : l’impossibilité où nous sommes ici d’opposer au sujet un objet qui en diffère, loin d’être la marque d’une infirmité ou d’une insuffisance où s’accuse notre limitation (que la seule présence de l’objet suffit au contraire à faire éclater), met en lumière ce privilège ontologique que possède l’esprit à l’égard de lui-même et qui lui permet d’être créateur de soi en même temps que de ses propres raisons.
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