Aller au contenu

On dira peut-être que cette expérience est elle-même confuse, et qu’elle relève du sentiment plutôt que de l’intellect. Mais nous ne savons pas encore quelle est la différence entre l’intellect et le sentiment. L’un et l’autre y sont contenus ; et elle pourra être exprimée tantôt dans la langue de l’un et tantôt dans la langue de l’autre, une fois qu’ils auront été distingués, précisément parce que, si une telle expérience est indivisible, il n’y a pas un seul de ses modes qui, dans une perspective particulière, ne l’exprime tout entière. Telle est la raison pour laquelle l’être se découvre à nous, à la fois par le sentiment le plus immédiat, qui est celui d’une présence que toutes les présences particulières circonscrivent et qualifient, et par le concept le plus simple, qui est celui d’un acte que tous les autres concepts limitent et, par conséquent, déterminent.

Mais la distinction de la présence et de l’acte ne s’est point encore produite, et quand elle se produira, elle ne portera aucune atteinte ni à leur communauté d’origine ni à cette coïncidence entre les deux termes qui se retrouve dans l’acte de présence par lequel précisément la présence s’accomplit.

Supprimer le surlignage