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Il n’y a point de danger à craindre qu’en se transformant de possibilité en essence, la liberté ne s’enchaîne et par conséquent ne s’abolisse. Cela serait vrai seulement si elle était astreinte à demeurer emprisonnée dans le monde des déterminations matérielles. Mais elle s’en délivre, non point pour devenir une chose spirituelle, ce qui proprement n’a pas de sens, mais pour rejoindre sa possibilité à son essence dans l’acte même par lequel, en mettant en œuvre la première, elle produit la seconde. Cette essence comme telle n’est jamais subie : elle est moi-même en tant que je me veux ce que je suis ou que je ne puis pas distinguer ce que je suis de ce que je veux en effet que je sois. Ce qui est sans doute la conscience la plus haute que je puisse avoir de l’existence.

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