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Dès lors ses rapports avec l’existence matérielle s’éclairent. Et l’on comprend pourquoi l’esprit ne peut pas demeurer dans son état de pureté ou encore pourquoi il n’est pas le même avant ou après s’être incarné. Car, avant de s’être incarné, il n’est pas essence, comme on pourrait le croire, mais seulement possibilité de l’essence. L’essence n’est pas déterminée avant que la liberté se soit exercée, c’est-à-dire que la participation ait commencé. Dans cette période qui est, si l’on peut dire, antérieure à l’incarnation, il conviendrait d’affirmer que nous n’avons pas d’essence, ou encore, que notre essence, c’est seulement notre liberté. Mais notre liberté ne peut pas, pour garder sa pureté, refuser de s’engager c’est-à-dire d’agir comme liberté. Une liberté qui ne s’exercerait jamais ne serait la possibilité de rien et elle serait elle-même comme si elle n’était rien. Or, en se déterminant, elle prend une forme concrète, elle entre dans l’existence objective et matérielle où il semble pourtant qu’elle vienne mourir. Mais elle ne meurt que pour ressusciter. Seulement, sa résurrection n’est plus une résurrection matérielle, c’est une résurrection spirituelle, mais dans laquelle sa possibilité s’est précisément changée en son essence.

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