Si on applique seulement l’existence au devenir temporel et à l’incarnation corporelle, il y a une identité nécessaire entre l’existence et la matérialité : dans cette thèse, qui est la thèse matérialiste, l’essence, conçue comme une chose purement pensée, est elle-même inexistante. Tout au plus peut-on dire que la pensée rétrospective de la chose nous permet d’hypostasier sa possibilité. Mais dès que nous objectivons cette possibilité, le passage de l’essence à l’existence devient le transfert mystérieux d’un objet spirituel, dépourvu de réalité, à la réalité même de cet objet, une fois qu’il a perdu sa spiritualité.
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