Mais ne semble-t-il pas pourtant que l’on puisse considérer l’existence spirituelle et l’existence matérielle comme deux contraires, dont l’un est la négation de l’autre ? Nous sommes si fortement inclinés à considérer l’existence matérielle, celle qui est révélée par l’exercice de la vue et du toucher, comme la seule existence évidente, qu’incapables d’imaginer comme une existence véritable une existence qui est celle d’un acte qu’il nous faut accomplir et non point celle d’une chose que l’on peut se représenter, nous pensons que l’esprit ne peut-être défini que négativement, et nous ne savons rien dire de plus de lui sinon qu’il est immatériel. Mais ce n’est là une négativité qu’apparente ; car l’esprit nie la matière pour signifier qu’il n’est pas lui-même un objet ; mais c’est qu’il est beaucoup plus et non pas beaucoup moins : il est une actualité qui se produit sans cesse elle-même, à l’égard de laquelle la matière est une chose extérieure et lointaine, et qui ne peut que lui apparaître.
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