De là on peut déduire facilement les caractères de l’existence matérielle et leur apparente contradiction. Car la matière, c’est ce qui n’est pas moi et est incapable de jamais dire moi. Mais c’est en même temps ce qui peut être posé dans son rapport avec moi, c’est-à-dire comme phénomène. C’est ce qui limite l’action du moi et oppose toujours une résistance au regard ou à la main ; c’est ce qui est toujours pour lui opaque et impénétrable. Et pourtant, c’est la seule chose qui soit susceptible d’être connue, comme si l’esprit, semblable au regard et à la main, ne pouvait rien saisir que l’obstacle même qui l’arrête et sur lequel pour ainsi dire il vient se poser.
Supprimer le surlignage