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Cependant le monde m’apparaît nécessairement à chaque instant comme un tout donné. Car un même acte est l’origine de toutes les présences données. Or ce caractère que le monde a d’être donné le spatialise, de telle sorte que l’espace évoque toujours une sorte de réservoir où tout le donné est susceptible de prendre place. Pourtant, si le monde était donné d’un seul coup, il ne se distinguerait pas de l’acte même qui nous le donne : c’est seulement par rapport à un acte imparfait et inachevé qu’il y a du donné, ce qui oblige le donné à prendre l’aspect d’une succession. Le continuum espace-temps devient ainsi l’unique forme sous laquelle le monde peut être appréhendé par chaque conscience comme un monde donné.

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