Aller au contenu

On voit donc que le possible lui-même ne peut être détaché ni de l’acte pur où il prend racine, ni de l’acte de pensée qui le crée comme possible, ni de l’acte de volonté qui l’actualise. Et il est remarquable que le possible n’acquiert une véritable réalité, et par suite ne nous permet de nous réaliser, que par une coopération de tout l’univers à l’intérieur duquel il faut qu’il vienne prendre place. La métaphysique ne peut être la science de l’intimité de l’être que parce qu’elle est la science de la formation et de l’avènement des possibles dont aucun n’est rien, sinon par la conscience même qui le produit afin d’en assumer la charge. Elle étudiera les degrés de la possibilité, depuis la possibilité logique qui exprime les conditions d’accord des possibles entre eux et, si l’on peut dire, l’unité du monde possible, jusqu’à ces formes de possibilités qui sont en accord avec l’être déjà réalisé, avec les circonstances, avec le lieu, avec le temps, et où la pensée théorique achève de se laisser déterminer par les exigences de la pensée pratique. Elle n’oubliera pas surtout que le possible ne peut pas être dissocié de la vie même de la conscience, que chaque être invente des possibles en rapport avec son propre génie, que ces possibles deviennent comme autant de puissances, dont on peut bien dire qu’elles doivent s’accorder avec l’ordre universel, mais sans perdre de vue qu’elles contribuent aussi à le produire.

Supprimer le surlignage