Mais il faut aller plus loin encore dans l’approfondissement de l’intimité. En identifiant l’intimité de l’Être à lui-même avec l’Acte par lequel il s’accomplit, en montrant que cet acte est indivisible, ce qui oblige toute liberté particulière à se définir comme un acte de participation, grâce à une double genèse symétrique des qualités et des catégories, nous n’avons considéré l’acte de liberté que dans son rapport avec la représentation du monde. Mais si nous cherchons comment il se fonde lui-même dans l’acte absolu, nous pourrons ou bien fixer le regard sur leur indissoluble union en la détournant de toutes les déterminations qui l’expriment, comme le fait la mystique, ou bien, sans jamais perdre de vue cette union, décrire les conditions métaphysiques qui permettent à cet acte libre de puiser dans l’acte absolu les ressources par lesquelles il se constitue. Or le paradoxe ici, c’est que cette participation d’un acte qui est éternellement cause de soi, au lieu d’absorber son indépendance, comme le soutient le panthéisme, la produit, et qu’elle ne peut se réaliser qu’à condition précisément de le rendre à son tour créateur de lui-même.
Supprimer le surlignage