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Toutefois, ce serait une erreur de penser que la passivité est seulement négative. Elle est sans doute la marque de notre limitation ; mais, comme on le voit dans la perception sensible, ou dans le plaisir que nous éprouvons, elle ajoute à l’opération incomplète que nous venons d’accomplir. Elle est une sorte de résonance que produit en nous ce qui, dans l’Acte absolu, la surpasse toujours, une réponse que le Tout dans lequel elle s’inscrit ne cesse de lui faire. Et c’est pour cela que tout acte imparfait s’achève nécessairement dans une donnée. Ce sont ces données qui constituent pour nous le monde. Ne les méprisons pas sous prétexte de réduire notre propre conscience à une activité plus pure et plus dépouillée. Nous ne retrouverions rien de plus en elle, dans l’ordre théorique, qu’une opération exclusivement abstraite, et dans l’ordre pratique, qu’une opération exclusivement intentionnelle. Telle est là la vérité qui se trouve au fond de l’opposition classique entre la forme et la matière. Mais l’erreur est de penser que cette matière est hétérogène à la forme, de telle sorte que son origine demeure mystérieuse, qu’on la définit d’une manière purement privative et que son accord avec la forme n’est plus qu’un fait, rebelle lui-même à toute explication. Ici au contraire nous voudrions montrer qu’il y a entre la forme et la matière parenté et réciprocité, puisqu’elles procèdent l’une et l’autre du même Acte dont elles expriment l’indivisibilité à l’intérieur de la Participation elle-même, l’une n’étant rien de plus que l’initiative du participant et l’autre sa limite, mais aussi son point de rencontre et de liaison avec ce qui la surpasse, et qui lui devient de quelque manière présent, comme la mesure même de son succès ou de son échec.

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