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Dès lors on peut fixer les délinéaments d’une science de l’intimité spirituelle, mais dans laquelle le mot science recevrait son sens plein et fort d’adéquation de la connaissance à l’être, qu’on lui donnait autrefois, qui ne peut convenir à une connaissance portant sur des phénomènes, où la mesure n’est jamais tout à fait assez précise, ni l’hypothèse jamais tout à fait assez souple, mais qui, au contraire, reçoit une application rigoureuse partout où l’être se réduit à l’opération qui le produit, où l’expérience se confond avec cette opération en train de se faire. A cet acte qui naît de lui-même, tout le réel est suspendu : il remplit l’intervalle qui sépare l’acte absolu de toute démarche qui participe à son exercice sans pourtant l’épuiser. On comprendra alors comment chaque conscience peut se constituer par la corrélation qui s’établit en elle entre son activité et sa passivité. Et leur rapport mutuel fonde notre vie quotidienne avec les alternatives qu’elle ne cesse de traverser, avec sa richesse et son dénuement, avec la force qui la soulève ou la faiblesse qui l’accable.

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