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On n’ose pas, il est vrai, proscrire l’expression de conscience transcendantale, mais on hésite quand il s’agit de savoir si elle est une conscience réelle ou une simple condition de la conscience empirique. Et la source de cette hésitation est dans un préjugé théorique. Car la pensée n’est pas créatrice de son objet, mais seulement de la connaissance de son objet, ce qui nous rend incapable de faire la distinction entre la conscience de sa forme et celle de son contenu, non point sans doute parce que la conscience résulte précisément de leur liaison, mais parce que la préoccupation du contenu que nous ne pouvons pas nous donner nous aveugle sur l’opération sans laquelle il ne nous serait pas donné. Pourtant une analyse assez fine parviendrait sans doute à retrouver, au sein même de toute connaissance, la conscience de l’appréhension de la conscience de l’appréhendé. Mais quand on considère l’activité pratique qui est proprement créatrice de son effet, bien qu’il lui soit toujours inégal par excès ou par défaut, nul ne peut nier qu’elle ne soit proprement une activité spirituelle que par la conscience que nous en avons, même si cette conscience doit être cherchée bien au-dessous du plan où la volonté cherche à se justifier elle-même par des motifs.

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