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Ce que nous cherchons, c’est en quoi consiste cette intimité de l’ « en soi », qui est l’origine de toutes les apparences ou de tous les phénomènes, mais ne peut être lui-même l’apparence ou le phénomène de rien. L’expression de « en soi » risque elle-même de nous tromper : elle est destinée seulement à exclure un autre terme qui lui servirait de contenant, ou, si l’on garde l’image spatiale, à désigner un contenu qui serait à lui-même son propre contenant. De telle sorte que l’on ne pourra pas dire, par exemple, de l’intimité qu’elle est contenue dans le monde, puisqu’on ne la découvre que par la négation du monde, qui ne subsiste pourtant que dans son rapport avec elle. L’être réside là où réside l’intimité, qu’il faut identifier strictement non pas avec le « en soi », mais avec le « soi ». Tout soi est un absolu auquel tout le reste est relatif. Tout non-soi est un relatif qui tient son existence du soi avec lequel il est en relation. Or la métaphysique n’est rien, ou elle est la théorie du soi et des conditions internes par lesquelles il se pose. Jusqu’ici, les conditions paraissent purement dialectiques, mais il s’agit d’une dialectique vivante qui, dans la conscience de chaque être, se confond avec cette expérience même qui lui permet de dire moi.

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