L’erreur fondamentale que l’on ne cesse de faire sur la métaphysique, et qui est l’origine de toutes les critiques dirigées contre elle, c’est qu’au delà de ce monde que nous voyons, dont elle nous montre que les choses qui le composent ne sont que des apparences qui n’ont d’existence que pour nous, il y aurait un monde composé de choses véritables qui auraient une existence par elles-mêmes, et qu’elle nous apprendrait pourtant à connaître. Or non seulement la métaphysique n’éprouve aucune difficulté à avouer qu’une telle connaissance est contradictoire, car il faudrait du même coup poser leur existence et exclure la possibilité de l’acte qui la pose, mais elle étend la contradiction jusqu’à l’idée même de ces choses. Car de même qu’il n’y a pas d’objet sans un sujet, ni de donnée sans un acte qui se la donne, il n’y a pas non plus de chose sans une conscience qui l’affirme comme chose. Et l’indétermination de la chose n’y change rien : elle est l’idée pure de ce qui n’a d’existence et de sens que par rapport à une intériorité qu’elle suppose et qu’elle nie.
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