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Pourtant le kantisme, loin d’imposer, comme on le croit trop souvent aujourd’hui, un arrêt définitif à la recherche métaphysique, lui donnait au contraire le plus admirable essor. Et l’on discutera longtemps et vainement pour savoir si les grands philosophes, qui sont venus après Kant et se sont réclamés de lui, lui ont été infidèles, ou ont dégagé l’essence de sa pensée. Peut-être faut-il dire que le plus grand mérite de Kant, c’est d’avoir ruiné la métaphysique de l’objet, ou encore l’idée même d’un objet métaphysique. Non point que ce soit là toute la métaphysique du passé : mais la métaphysique a toujours besoin d’être purifiée ; et l’objectivité, c’est pour elle l’idolâtrie. Kant lui-même n’y a pas échappé en maintenant l’existence d’une chose en soi, dont il aurait dû dire qu’elle était impossible à « penser », autant qu’impossible à « connaître ».

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