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Quel que soit le rôle joué par la sensibilité, et plus directement encore par la douleur, dans la formation du moi, ni la douleur ni même la sensibilité n’épuisent la nature du moi et ne me découvrent son essence véritable. Car la douleur exprime ce qui me limite, c’est-à-dire moins ce que je suis que ce qui m’empêche d’être tout ce que je suis. C’est pour cela que je proteste toujours contre elle. Et le moi est dans cet acte de protestation plus encore que dans l’état qu’elle l’oblige à subir. Il y a plus : le propre de la sensibilité, c’est d’accuser toujours une sorte d’écho dans la partie passive de mon être, soit des influences que le monde peut exercer sur moi, soit des oscillations de ma propre activité, des succès et des échecs auxquels elle ne cesse de s’exposer. C’est donc que le moi est un être mixte, un composé d’activité et de passivité, mais dans lequel l’activité traduit l’initiative même par laquelle il se constitue, et la passivité les frontières auxquelles il vient se heurter. Ce sont ces frontières qui me rendent sensible à l’égard du monde et de moi-même.

Mais seul est capable de subir un être qui est capable d’agir. Et c’est sans doute quand il agit qu’il rencontre ce que l’on pourrait appeler la partie positive de lui-même, ce qui en lui dépend de lui, au lieu de le contraindre, son existence authentique et non plus une existence qui le limite. Car on peut bien dire sans doute que la sensibilité exprime ce qu’il y a en moi de plus intime, puisqu’elle consiste dans un ensemble de réactions par lesquelles je réponds à toutes les sollicitations qui me sont adressées ; que ces réponses varient d’un individu à l’autre ; qu’elles sont bien en moi la marque de cette subjectivité qui m’isole dans le monde, bien qu’elles expriment aussi l’unique communication qui peut s’établir entre moi et le monde. Cependant le moi qui est présent dans le sentiment ne s’identifie pas avec le sentiment qu’il éprouve. Et il ne l’éprouve que parce qu’il y a en lui-même une certaine activité dont le sentiment nous montre tantôt comment elle est favorisée et satisfaite et tantôt comment elle est violentée et contredite. Car, si la sensibilité traduit la passivité du moi en tant qu’elle est inséparable de sa puissance d’accueil à l’égard de tout ce qui peut lui être donné, cette passivité elle-même ne peut pas exister sans une activité dont elle est corrélative, qui ne peut pas subsister seule et qui a besoin à son tour d’une passivité sans laquelle elle ne se distinguerait pas d’une virtualité pure et se montrerait même inféconde, puisqu’elle ne connaîtrait rien de ses propres effets et ne pourrait jamais jouir des fruits qu’elle a produits. Par conséquent, les mots mêmes de limitation et de passivité dont nous nous servons pour caractériser la sensibilité ne doivent pas nous conduire à diminuer sa valeur : car cette limitation, cette passivité traduisent aussi notre aptitude à recevoir et obligent notre activité à susciter autour d’elle des échos, à entendre des réponses qui ne cessent de la renouveler, de l’approfondir et de l’enrichir.

De là pourtant on conclura que la sensibilité ne peut pas être considérée en nous comme première. Sans doute on peut dire qu’il y a toujours en nous une inertie naturelle à laquelle il faut que nous soyons arrachés par les sollicitations qui viennent du dehors ; de telle sorte qu’il faut toujours être ébranlé pour agir. Sans doute on peut dire aussi que la vie sensible, comme on le voit chez l’enfant, précède la mise en jeu d’une activité indépendante, et même que toute activité indépendante doit être conquise peu à peu sur les émotions et sur les réactions affectives. Mais il n’en reste pas moins que ce premier éveil de la sensibilité n’est possible que par la présence en nous d’une activité orientée déjà en exercice et dont la sensibilité, à travers les alternatives qu’elle subit, enregistre pour ainsi dire les modalités. Ce qui montre que nous agissons avant de savoir que nous agissons et que le propre de la conscience sera de libérer cette puissance par laquelle l’être se fait, en transformant l’impulsion de la nature en une volonté éclairée, maîtresse d’elle-même et qui, dans chacune de nos démarches, nous rend véritablement cause de ce que nous sommes. Dès lors, s’il y a solidarité en nous de la passivité et de l’activité, et si ces deux fonctions n’ont de sens que dans le couple où elles s’opposent, il faut reconnaître cependant qu’il y a une priorité logique de l’activité, à l’égard de laquelle la passivité est d’abord une sorte de négation, bien qu’en exprimant le point où l’activité s’arrête, elle puisse devenir aussi le point qu’elle vise, et que ce soit sous la forme de la passivité que l’être se représente toujours non pas seulement ce qu’il cherche, mais encore ce qu’il atteint, c’est-à-dire tout ce qu’il obtient, tout ce qu’il possède et tout ce dont il peut jouir.

Aussi faut-il dire que le moi se découvre lui-même non pas, comme il le semblait d’abord, quand il est affecté, mais quand il a conscience d’agir. Le propre de l’affection, c’est de m’obliger à pâtir, ce qui suppose qu’il y a en moi un élan intérieur qui atteint son but ou qui en est empêché. Mais si le moment le plus émouvant de ma vie est celui où je fais réflexion sur ma propre participation à l’existence, c’est-à-dire sur la présence dans l’univers d’un être qui dit moi, il est évident que cette émotion se redouble lorsque, au lieu d’appréhender ce moi comme un être sensible et vulnérable, exposé à toutes les influences que les choses extérieures peuvent exercer sur lui, je reconnais en lui un pouvoir à la fois de se déterminer lui-même et de changer à chaque instant son propre état et l’état du monde. Par la sensibilité, je me trouvais pris en quelque sorte dans le monde, j’étais capable d’entrer en communication avec lui, d’en recevoir toutes les faveurs et d’en subir tous les coups. Mais par l’action, le monde lui-même cesse d’être un obstacle qui m’est opposé, un tout qui me dépasse ; j’exerce sur lui une sorte d’ascendant, je contribue à le marquer de mon empreinte et à le faire ce qu’il est. La sensibilité m’assujettissait au monde ; l’activité me l’assujettit. Et l’on peut dire qu’en m’obligeant à prendre place dans le monde et à dépendre de lui, la sensibilité fait de moi une créature, au lieu que l’activité m’en détache et me met en rapport avec le pouvoir dont le monde dépend. Elle m’associe à son opération créatrice.

De là vient le caractère extraordinaire et pour ainsi dire miraculeux de cette révélation qui m’est faite lorsque je perçois tout à coup en moi une faculté d’agir dont la mise en œuvre est entre mes mains. A ce moment, je vois s’effacer cette valeur exceptionnelle que j’attribuais tout à l’heure à la sensibilité ; je ne puis plus m’identifier avec elle : je vois bien qu’elle ne m’apporte que des états, mais que mon être est dans un réduit plus caché et plus profond, où il se donne l’existence par un acte dont il est lui-même l’auteur. On peut dire que nous sommes ici à la racine de notre propre réalité et sans doute de toute réalité. Cet acte secret qui est l’origine de ce que nous sommes, quand il est assumé par nous, est le même acte qui est l’origine de tout ce qui est. Il est le suprême mystère et la suprême lumière. Tous les efforts de l’explication humaine, dans tous les domaines, ont pour objet de déterminer la cause dont une chose dépend, et nous sommes tous persuadés que la connaître, c’est la connaître par sa cause, c’est-à-dire par le pouvoir même qui la produit. Seulement nous considérons souvent cette cause comme étant elle-même une autre chose, de telle sorte qu’elle a besoin à son tour d’une cause nouvelle, sans qu’aucun terme puisse jamais être assigné à une telle régression. Et nous requérons toujours l’existence d’une cause première, au delà de laquelle nous ne remonterions pas, précisément parce qu’elle tiendrait d’elle-même l’efficacité par laquelle elle engendre tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle fait. Car le foyer même de l’Être ne peut résider que dans un acte qui, avant d’être cause de rien, doit être considéré comme cause de soi. Là est le véritable Absolu auquel toutes les existences relatives sont suspendues. Mais de cet absolu nous avons nous-même une expérience intérieure : et c’est au point où cette expérience a lieu que nous atteignons l’essence du moi, dont on peut dire à la fois qu’elle est relative, puisqu’elle est subordonnée à des conditions sans lesquelles elle ne pourrait pas se réaliser, et qu’elle est absolue, puisqu’elle se réalise en vertu d’une démarche de la conscience par laquelle je me donne à moi-même l’existence et que nul autre être au monde ne pourrait jamais accomplir à ma place.

La conscience de soi, c’est donc la conscience de ce pur acte d’attention et de consentement intérieur par lequel je nais sans cesse à une vie que je ne puis jamais recevoir que de moi-même. Dès que je découvre cette activité dont je dispose, elle produit en moi à la fois une angoisse et un émerveillement. Tout à l’heure, je pouvais dire : je suis assurément là où je souffre ; mais je ne pouvais pas dire : je suis ce que je souffre. Ici au contraire, je ne dirai pas seulement que je suis là où j’agis, mais que je suis tout entier cet acte même par lequel je me fais. Que compte cette expérience, pourtant si dramatique, de faire partie du monde dont je suis solidaire, où le moindre événement retentit en moi et m’atteint dans mon intimité même, à côté de cette expérience tellement plus aiguë et plus exigeante d’une action que je suis capable d’accomplir et qui met sous ma dépendance à la fois moi-même et le monde ? Je ne suis plus une chose parmi les choses, ni un simple écho sensible d’une réalité sur laquelle je n’ai pas de prise. Mon être naît de l’acte même qu’il réalise ; j’assiste à son avènement et, en un certain sens, je le détermine. Et le monde autour de moi se modifie sous mes yeux par un effet de ma volonté, comme pour m’apporter un témoignage de cette existence qui est la mienne et que je produis à la lumière du jour par le même changement que j’introduis tout à coup dans ce qui m’entoure.

Au moment où le regard cherche ce que je suis, il ne trouve que mon corps : et ce corps lui-même ne m’appartient que parce que je ressens tous les ébranlements qui l’atteignent. Mais voilà que je possède sur ce corps qui tout à l’heure m’imposait sa présence un pouvoir étonnant qui est celui de le mouvoir. Je lève la main, et je recommence à la lever pour rien, pour le plaisir, avec une admiration que l’habitude n’émousse jamais. Je sens maintenant que je suis là précisément où je suis cause. Mon corps ne m’intéresse plus comme le siège de mes affections, mais comme l’instrument et la preuve de ma puissance. Cette activité productive que je mets en jeu et qui est elle-même invisible, c’est elle qui constitue pour moi maintenant ma véritable essence. Tout ce que j’étais capable de voir ou de subir et qui constituait pour moi la réalité telle que je pouvais la saisir perd tout à coup son relief et sa dignité à mes yeux ; car ce que je vois, c’est l’apparence d’une chose qui se fait, et quand c’est moi qui la fais, je découvre le principe intérieur qui lui donne la signification et la vie ; l’état que je subis, c’est l’effet d’une action qui s’accomplit ailleurs : mais quand c’est moi qui accomplis cette action, il trouve aussitôt en elle son origine et sa raison d’être. Il suffit par conséquent que j’agisse ou que je me perçoive moi-même agissant pour que je rencontre en moi la démarche originaire qui me fait être, qui possède une prééminence en moi et hors de moi sur toutes les autres, au delà de laquelle il est impossible que je remonte, et qui constitue proprement ma participation à l’absolu. C’est là le point ultime où je suis non plus une pièce du monde créé, mais un agent de la création.

Cependant cette expérience même que j’ai du changement que je puis introduire dans mon corps et, par son moyen, dans le reste du monde, risque encore de divertir mon regard, de l’attirer sur l’objet qui porte les marques de mon action et de m’enivrer de ma puissance en me détournant de la considération de cet acte tout intérieur par lequel, avant de produire aucun effet sur le monde, je produis pour ainsi dire ma propre existence. Or, avant de l’accomplir et pour que je puisse l’accomplir, il faut qu’il soit d’abord comme une puissance qui m’est laissée et qu’il dépend de moi de mettre en œuvre. Et c’est là que réside précisément le cœur le plus profond de mon intimité : il y a en moi une disponibilité qui est comme si elle n’était rien si je ne m’en empare pas pour l’actualiser, mais qui, si je consens à la rendre mienne et à en faire l’emploi, me donne tout à coup l’existence qui jusque-là me manquait. On comprend que l’on puisse se connaître depuis longtemps comme corps, et même se sentir livré à toutes les tribulations de la vie affective avant d’éprouver en soi la présence de ce pouvoir qui demeure inerte aussi longtemps que nous n’avons pas accepté de l’exercer. Si un tel pouvoir existe et que son exercice dépende de moi seul, cette découverte va me donner sans doute l’émotion métaphysique la plus haute que je sois capable d’éprouver. Ce pouvoir dont je ne prends conscience qu’au moment où je suis sur le point d’en faire usage détermine en moi une sorte de tremblement : car une distance infinie sépare ce qu’il est avant et après son emploi. A mon égard cette distance est la distance du néant à l’être, et je sens pourtant que c’est moi seul qui dois la franchir. Ce n’est pas moi qui me suis donné ce pouvoir : il m’est pour ainsi dire proposé. Mais j’en accepte ou j’en refuse la disposition ; et c’est cette acceptation ou ce refus qui me fait entrer dans une existence où je ne pénètre que parce que je l’ai voulu. Je suis à la fois la cause et l’effet de ma propre opération ; et je forme, si l’on peut dire, le trajet même qui les unit.

Le moi réside donc dans cette conscience que j’ai de mettre en jeu une certaine efficacité qui demeure une possibilité pure aussi longtemps que je ne lui ai pas accordé ce oui du consentement qui engage toute ma vie personnelle en l’obligeant à émerger elle-même dans le monde réel. Ainsi le moi apparaît comme étant toujours en suspens jusqu’au moment où il accepte de se risquer, où il décide d’agir et de fixer lui-même son propre destin. Or le moi sent avec une extrême acuité, où l’angoisse se mêle à l’espérance, la gravité de cette démarche par laquelle, cessant de demeurer enfermé dans sa propre virtualité, il entreprend tout à coup de la réaliser. C’est là pour lui une naissance véritable, dont l’autre n’était que la condition et l’image. L’acte qui m’a créé ne m’a rien donné de plus que le pouvoir de me créer moi-même. Et ce pouvoir est toujours entre mes mains, je ne suis que ce que j’en fais.

C’est pour cela encore que le moi ne peut exister ni dans le passé où réside un être que j’ai dépassé et que je ne suis plus, qui ne laisse en moi que le souvenir du moi que j’ai été, ni dans l’avenir où réside un moi que je ne suis pas encore et dont je ne puis savoir ce qu’il sera un jour. Mais le présent, c’est l’acte par lequel je me rends à moi-même présent. Et ce présent recommence toujours. Ainsi il faut que je me donne l’être par une opération que je ressuscite indéfiniment. De fait, je ne m’habitue pas à l’existence : ou du moins, on peut dire que l’existence à laquelle je m’habitue, c’est celle de cet être corporel ou social qui continue un train de mouvements et de pensées auquel je participe à peine et dont je suis moi-même absent. Mais dès que le moi surgit à nouveau et qu’il assume véritablement l’existence qui est la sienne, alors une rupture se produit aussitôt avec cette existence apparente qui était la mienne jusque-là : je dis que je me ressaisis. Je pénètre à nouveau dans l’être par un acte qui est toujours un acte premier, qui garde toujours le même caractère miraculeux, qu’aucun souvenir n’émousse, qui n’a point eu de précédent et ne pourra jamais se répéter. Le propre de la liberté qui fonde mon existence, c’est de me placer toujours à l’origine de moi-même et du monde. Je traîne derrière moi un long passé qui ne cesse de m’opprimer ; et la nature ne cesse à son tour de me solliciter et de m’accabler. Mais le moi est l’acte même par lequel je secoue cet esclavage ; je ne laisse pas à mon passé ni à la nature le pouvoir de me déterminer ; je ne leur demande que les matériaux qui vont me permettre d’agir. Je puis même renier ce que j’étais hier et combattre en moi la nature au lieu de lui céder. Je renais à la vie chaque jour et même à chaque instant. Je me purifie chaque fois de toutes mes souillures. Et dans mon essence la plus profonde, je me trouve réduit à cette initiative absolue par laquelle, répudiant tout ce qui en moi est déjà fait ou constitué, je me fais moi-même en me dépassant toujours. Telle est la signification du mot « acte » avec lequel le moi doit être identifié et qui exprime cette démarche intime et secrète par laquelle je m’oblige à aller toujours au delà de moi-même et qui m’interdit par conséquent de me confondre jamais avec une chose.

Dès lors ce moi, qui se fait et qui se voit se faisant, acquiert la conscience ultime et radicale de lui-même, au moment où précisément il acquiert le sentiment de sa propre responsabilité. Jusque-là il n’était à ses propres yeux qu’une sorte de spectacle, un objet parmi d’autres, auquel sa sensibilité l’attachait seulement par des fibres plus étroites. Et l’on pouvait se demander s’il y avait derrière ce spectacle une réalité dont il nous donnerait pour ainsi dire la représentation. Mais quand j’agis, tout spectacle s’abolit. Je suis l’acteur qui ne peut plus devenir spectateur de lui-même, et qui se crée lui-même en créant son rôle. C’est moi qui détermine ce que je vais être à la fois pour moi et pour les autres. Et c’est ce spectacle dont je suis l’auteur qui va me justifier ou me condamner.

Pourtant le sens de ce spectacle n’est pas seulement de rendre visible aux yeux d’autrui ma propre réalité invisible. Cette réalité n’est rien elle-même tant qu’elle ne s’est pas exprimée : jusque-là elle reste une intention pure. Je ne puis agir au dedans sans agir au dehors, sans donner au vouloir la chair et le sang qui l’incarnent et l’authentifient. C’est pour cela que chacun de mes actes a un retentissement qui dépasse toujours mon attente ; non seulement il me donne place à moi-même dans le monde, mais encore il atteste ma solidarité avec tous les autres êtres et il a des conséquences infinies dont je suis moi-même la cause. Là où le moi se saisit lui-même dans l’acte qu’il accomplit, il assume donc une triple responsabilité à l’égard de soi, à l’égard d’autrui et à l’égard de la totalité du monde. Par opposition à ce que nous disions quand nous montrions que le moi se découvre lui-même dans cette sorte de dépendance où sa sensibilité la plus intime le mettait à l’égard du monde, le moi maintenant se découvre dans cette dépendance du monde à l’égard de son activité qui, en se déterminant, les détermine tous deux.

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