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L’entendement et le vouloir sont les conditions subjectives par lesquelles l’intervalle se réalise. Et comme le rapport de l’espace et du temps nous permettait de définir la structure de l’univers, le rapport de l’entendement et du vouloir nous permettra de définir la structure de la conscience. L’entendement a un rapport privilégié avec l’espace comme le montrent la prééminence des mathématiques dans la connaissance, la liaison privilégiée de l’étendue et de l’intelligibilité telle qu’on l’observe dans toute philosophie intellectualiste, par exemple dans celle de Malebranche, et enfin le caractère de simultanéité intemporelle que possèdent tous les objets de la pensée possible. La volonté au contraire a un rapport privilégié avec le temps, s’il est vrai qu’elle exprime toujours la détermination de l’avenir par le présent, c’est-à-dire le sens même dans lequel le temps s’écoule, qui nous permet d’en faire la condition même de notre initiative créatrice.

Chacune de ces deux fonctions se définit par un intervalle qui lui est propre : l’entendement entre l’attention et son objet, le vouloir entre l’intention et sa fin, bien que ces deux formes de l’intervalle ne puissent pas être séparées, puisque l’activité de l’entendement doit être ébranlée par le vouloir et que le vouloir ne peut s’exercer que dans la lumière de l’entendement. Et pourtant leur dissociation était nécessaire pour fonder la participation, s’il est vrai que celle-ci n’est possible que dans la mesure où elle me permet d’embrasser par une représentation virtuelle un monde que je ne crée pas, afin de pouvoir produire en lui par une action réelle, par une démarche originale qui ne cesse de le marquer et d’y ajouter, l’avènement de mon être propre.

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