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Ces principes généraux nous semblent à la fois requis et suffisants pour soutenir toute philosophie de la participation. Aucune ne pourra jamais les méconnaître, car :

a) Ils nous permettent de résoudre le conflit entre une réalité transcendante dans laquelle nous ne cessons jamais de puiser et une réalité immanente qui est toujours l’effet de notre opération.

b) Ils nous permettent de distinguer, d’une part, les conditions de possibilité de la participation qui sont communes à tous les êtres particuliers, qui par conséquent doivent pouvoir être déduites, et qui ferment pour ainsi dire l’armature même de l’univers, et d’autre part, l’usage même que chacun peut en faire, la manière originale dont il en dispose par un acte libre.

c) Ils nous permettent de comprendre dès lors comment la représentation que nous avons du monde et la courbe même de notre destin sont toujours en rapport avec l’action que nous avons assumée, c’est-à-dire avec notre mérite, comment enfin une pluralité de perspectives et de vocations toutes différentes et qui peuvent même se contredire entre elles, trouvent place pourtant dans le même univers.

d) Ils nous permettent de définir enfin la science, l’art, la poésie, la morale, la politique, la religion, comme autant de modes différents de la participation dont on cherchera à déterminer le caractère spécifique et les relations systématiques dans une dialectique dont les principes premiers pourront être posés une fois pour toutes, mais qui demeure toujours ouverte, puisqu’elle a l’efficacité absolue de l’acte créateur pour la soutenir et pour l’animer, et l’infini devant elle pour lui donner carrière.


« Principes généraux de toute philosophie de la participation ». Communication au Congrès Descartes, Paris, 1937. Parue dans les Actes du Congrès*, IX, Hermann.*

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