L’intervalle qui sépare l’acte de la donnée trouve deux conditions objectives de réalisation qui sont l’espace et le temps. Que l’espace et le temps soient deux aspects de l’intervalle et qu’ils soient infinis tous les deux, on peut dire que c’est là leur définition même qui s’exprime, pour l’un, par la distance entre les objets, et pour l’autre, par la distance entre les événements. — De plus, l’espace et le temps sont eux-mêmes inséparables l’un de l’autre comme l’acte et la donnée : et, de même que dans le rapport entre l’acte et la donnée l’intervalle ne s’ouvre que pour être franchi, de même dans le rapport spatio-temporel l’espace ne détermine rien de plus qu’un pur intervalle entre des points, qui demande à être parcouru, et qui ne peut l’être que dans le temps : et inversement, le pur intervalle temporel ne serait rien de plus qu’une éternelle absence s’il n’était pas traversé, c’est-à-dire s’il ne venait pas interférer à chaque instant avec l’espace dont il reçoit justement son actualité successive. — Enfin il est facile de voir que c’est dans la manière dont le temps et l’espace se lient l’un à l’autre que nous pouvons observer la conversion de l’acte en donnée : car toute donnée s’offre à nous dans l’espace, mais seulement en vertu d’un acte que nous ne pouvons accomplir que dans le temps.
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