L’intervalle qui sépare l’acte de la donnée nous oblige, chaque fois que nous accomplissons un acte de participation, à considérer cet acte comme étant par lui-même abstrait et inachevé, mais comme appelant nécessairement une donnée qui lui répond et qui l’actualise et le réalise. Cette donnée atteste que l’acte de participation ne peut pas être séparé de l’Acte pur qui, dans la mesure où il le surpasse, lui impose une limitation, c’est-à-dire lui joint une matière qui le détermine et qui l’affecte. Cette matière ne peut donc point être antérieure à l’opération qui l’appréhende, mais est toujours en relation avec elle. Elle a un caractère qualitatif et sensible dont on doit pouvoir montrer la correspondance réglée avec telle opération définie sans laquelle elle ne serait rien. Et le sensible ne doit pas s’évanouir par degrés et disparaître à la limite, à mesure que l’opération progresse, comme le soutient l’intellectualisme, mais il doit prendre une forme d’autant plus variée et d’autant plus délicate que l’opération est elle-même plus complexe et plus attentive. Ainsi l’intervalle qui les sépare ne pourra jamais être aboli. Et l’on trouve même toujours ici un double dépassement : de la donnée par l’acte qui est toujours déterminé et limité par elle, et de l’acte par la donnée qui possède une richesse surabondante qu’il ne réussira jamais à épuiser.
Supprimer le surlignage