Pourtant, on ne peut pas réduire la perception à un simple appauvrissement de l’objet. Elle y ajoute aussi : car le sujet lui imprime certains caractères qui dérivent de sa nature, à tel point qu’une certaine forme d’idéalisme a cru pouvoir faire de la perception tout entière une création du sujet, ou, ce qui revient au même, une organisation systématique par le sujet d’une matière primitivement indéterminée. De même, le souvenir ajoute à la perception non pas seulement parce qu’il dispose du temps pour analyser une perception fugitive qui contenait globalement des éléments que la mémoire retrouve dans le temps, mais encore parce que c’est mon être tout entier qui se souvient, avec toutes les puissances de ma conscience et toute l’expérience que j’ai acquise depuis que la perception a disparu. Aussi le souvenir est-il toujours nouveau et n’a-t-il jamais achevé de me révéler toute la signification de la chose autrefois perçue.
Supprimer le surlignage