La perception n’est jamais qu’une vue incomplète sur l’objet, et inséparable de la perspective dans laquelle nous le regardons. Ainsi il semble qu’elle soit une opération de sélection qui retranche de l’objet certains de ses caractères : et ce retranchement, selon Bergson, suffirait à expliquer sa subjectivité. Mais on en dira autant du souvenir par rapport à la perception. Il est incapable de reproduire tous les caractères qui appartiennent à la perception ; il s’y emploie cependant, et c’est parce qu’il n’y parvient jamais, ou, en d’autres termes, parce qu’il est incapable de la rejoindre, qu’il est subjectif, si l’on peut dire, au deuxième degré, ou qu’il est une image secondaire que nous ne réussissons jamais à confondre avec l’image primaire.
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