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On peut réaliser assez facilement le passage de la perception au souvenir, c’est-à-dire de la distance spatiale à la distance temporelle. Car, d’une part, la distance spatiale est toujours temporelle en même temps que spatiale, puisqu’elle doit être franchie par un mouvement et, dans le cas le plus favorable, par le mouvement de la lumière qui demande toujours un certain temps pour se produire. Et d’autre part, lorsque l’objet s’éloigne et qu’on le voit s’effacer, puis s’abolir, l’espace se convertit en temps, sans que l’on puisse toujours tracer une ligne de démarcation absolument sûre entre la perception qui s’efface et le souvenir qui s’y substitue. C’est ce que démontre non seulement l’analyse des images consécutives, mais encore, à l’intérieur de la perception elle-même, la présence du souvenir, qui souvent en tient presque lieu.

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