Malgré la subtilité géniale de ses analyses, Duns Scot n'a donc point réussi à aplanir le conflit de la sensibilité et de l'entendement : à cet égard, sa philosophie est en recul sur le thomisme. Sera-t-il plus heureux devant la seconde antinomie, celle de l'entendement et de la raison ?
Ici encore, il semblerait, à première vue, que l'antinomie soit brillamment surmontée : entre les objets d'expérience et l'objet transcendant, le scotisme jette, comme un pont, l'univocité de l'être. L'unité d'un concept univoque, d'un intelligible commun, n'est-ce point, en tout cas, une unité beaucoup plus étroite que celle de l' " analogie " des thomistes ?
Nous allons constater à quel point cette apparence est trompeuse.
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