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skepvox

Nous avons dit, au livre précédent, comment les excès de l'éléatisme, se rencontrant avec les excès du mobilisme, contribuèrent à jeter la pensée grecque dans une première crise de scepticisme. On sait ce que fut la Sophistique. Purement négative en elle-même, elle devint toutefois l'occasion d'un progrès considérable en métaphysique et, par là, fit faire un pas décisif vers la solution de l'antinomie.

Jusqu'ici, en effet, la systématisation métaphysique n'avait guère embrassé que l' « objet », entendu au sens étroit, c'est à dire les choses extérieures à nous ; et quand, d'aventure, elle s'était étendue jusqu'au « sujet »connaissant, elle l'avait traité, lui aussi, par l'extérieur, comme une chose au milieu d'autres choses.

La controverse avec les Sophistes, en imposant la nécessité de doser rigoureusement la mesure d'affirmation qui convient à chaque contenu de conscience, aussi bien au contenu de la conscience directe qu'au contenu de la conscience réflexive, contraignit de reviser et d'élargir les cadres de la métaphysique. Il fallut, non seulement perfectionner et rendre cohérente la métaphysique de l' « objet »(au sens restreint) ; non seulement développer la métaphysique du « sujet »humain, considéré en soi comme substance ; mais aussi faire place, dans les cadres de l'affirmation métaphysique, à cette relation de sujet et d'objet que nous percevons chaque fois que nous avons conscience de « connaître ».

En d'autres termes, le problème de la valeur de nos connaissances, posé sur le terrain général du réalisme ancien, appelait nécessairement une « métaphysique de la connaissance », ou, plus exactement, une « métaphysique du sujet connaissant en tant que tel ».

Le problème intégral de la connaissance se glissa ainsi dans la philosophie ancienne, sous l'égide de la métaphysique, comme une extension nécessaire du problème objectif de l'Un et du Multiple. Dès ce moment, on pourra parler, au sens propre, d'une " Critique »des objets, puisque, nous allons le constater plus en détail, toute théorie métaphysique de la connaissance enveloppe une « Critique ».

De cette « Critique métaphysique »de la connaissance, Platon et Aristote furent, à des titres divers, les premiers artisans. Socrate leur avait préparé le terrain.

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