La perception est régulatrice du mouvement.
Que la perception ne me donne pas le tout de l’objet, mais qu’elle m’en donne seulement la virtualité, ce n’est pas le signe de l’imperfection de la perception, c’est le signe que la perception n’a pas un rôle exclusivement cognitif, ou que la connaissance n’exprime rien de plus qu’un aspect de la conscience. La perception prolonge seulement le processus sensori-moteur. Et comme la sensation n’a de signification que par le mouvement qui lui répond, nous dirons de même que la perception ne fait apparaître en nous la virtualité de l’objet qu’afin de nous permettre d’actualiser nous-même cette virtualité et d’achever, selon l’option subjective que nous aurons faite, la possibilité qu’elle nous propose. La perception est donc toujours en relation avec un désir qui déjà déterminait la perspective à travers laquelle elle saisissait l’objet et qui nous guide dans l’accomplissement d’une action qui le modifie. Ainsi la perception reste incomplète et inintelligible sans cette action qu’elle guide et qu’elle appelle. Les théories classiques de la perception vérifient cette interprétation en considérant la perception comme une action qui commence.