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skepvox

Tout objet de connaissance est en même temps l’objet d’une action possible.

Dans ce qui précède, nous avons étudié seulement les opérations de la conscience en tant qu’elles posent un objet avec lequel elles cherchent à coïncider. Mais nous avons montré qu’elles n’y parviennent jamais, ce qui précisément nous permet de dire que nous n’atteignons jamais l’objet lui-même, mais seulement la représentation de l’objet. Cette représentation est, par rapport à l’objet, non seulement incomplète, mais encore virtuelle. C’est cette virtualité qui constitue la pensée, c’est cette incomplétude qui fait qu’elle est un acte, c’est-à-dire un mouvement par lequel elle cherche à s’achever. Dès lors, l’écart entre la connaissance et son objet devient, non pas seulement la condition de la conscience, mais encore le moyen de cette activité intérieure qui en est inséparable et par laquelle toute virtualité tend à s’actualiser, toute insuffisance à se réparer. Seulement une telle actualisation, un tel accomplissement ne sont pas destinés à retrouver tel quel un objet qui serait posé d’abord, ils sont le moyen qui nous permet de le modifier et de l’achever selon nos desseins. C’est pour cela que l’entendement et le vouloir sont deux opérations qui se répondent, et c’est dans l’intervalle qui les sépare que nous introduisons cette liberté par laquelle nous nous créons nous-même, en collaborant à la création du monde.

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