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skepvox

L’amour d’un être pour un autre n’abolit pas leur dualité.

La connaissance nous met en rapport avec les choses, mais l’amour nous met en rapport avec les personnes. Au sens strict du mot, il n’y a pas de connaissance des personnes, et la seule manière d’entrer en rapport avec elles, c’est précisément de nous intéresser à elles, d’éprouver de la sympathie pour elles, ou de les aimer. Et l’amour que nous avons pour elles crée entre nous et elles une union dont on pense parfois qu’elle est, à la limite, la recherche d’une identification. Mais il y a toujours un intervalle qui sépare les personnes l’une de l’autre, et l’identification dont on parle, loin d’être la consommation de l’amour, en serait la suppression. L’amour pose un être comme un autre moi ; je me réjouis qu’il soit autre que moi, au lieu d’en souffrir. Et l’amour crée entre lui et moi cette circulation où chacun ne cesse de recevoir et de donner. C’est l’amour qui est proprement la découverte d’un autre, et l’on peut dire que je vérifie ici d’une manière saisissante le caractère même qui appartient à toutes les formes de la découverte, qui reçoit seulement ici une forme plus parfaite quand il devient réciproque : car l’objet que je découvre est lui-même un sujet, de telle sorte qu’il est pour moi une donnée qui se réalise comme telle par un don.

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