Au plus bas degré de la connaissance, il y a l’objet qui est sa matière ; au sommet de la connaissance, il y a l’idée qui est sa perfection ; mais la connaissance se meut entre ces deux extrêmes sans parvenir à les rejoindre.
Au-delà de la perception il y a l’objet de la perception, et l’on peut dire, comme on l’a montré dans la théorie de la perspective, que la perception est par rapport à [lui] un instrument d’analyse. Telle est la raison pour laquelle, bien que l’objet soit présent dans la perception, la perception ne coïncide jamais avec lui. Mais la connaissance parfaite, c’est celle de l’idée, dans laquelle il semble que la pensée objective sa propre opération. Seulement cette objectivation ne peut jamais être achevée. Elle représente pourtant l’idéal de la connaissance. Celle-ci se meut dans l’entre-deux qui sépare l’objet qui lui échappe par destination, de l’idée dont elle n’achève jamais de prendre possession. Si cette richesse infinie de l’idée nous devenait tout entière présente, la perception n’en serait plus qu’une limitation. L’objet exprime dans le langage de l’extériorité la même totalité et la même suffisance que l’idée dans le langage de l’intériorité.