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skepvox

Au moment où la perception se produisait, le souvenir coïncidait réellement avec elle, mais il s’en détache de plus en plus.

La correspondance de la perception et de l’objet se produit dans le présent. Mais les deux termes ne se recouvrent pas, il y a dans l’objet un immense arrière-plan qui échappe à la perception ou qu’elle ne contient jamais que potentiellement et que l’analyse met à jour progressivement. La perception et le souvenir sont au contraire séparés par un intervalle de temps qui s’accroît de plus en plus et qui empêche, semble-t-il, toute coïncidence réelle. Toutefois le rapport du souvenir et de la perception, qui semble à cet égard moins parfait que le rapport de la perception à l’objet, possède par rapport à lui un incontestable avantage. Car il y a un moment où la perception et le souvenir non seulement se recouvrent, mais encore s’identifient : c’est le moment où la perception se produit et où, comme l’a remarqué Bergson, le souvenir est présent en elle sans s’en être encore détaché. Alors se trouve réalisée cette unité parfaite du connaissant et du connu que l’intuition essaie vainement d’atteindre dans les autres domaines. C’est le moment où le connaissant et le connu ne sont pas encore distingués et qui est pourtant un moment de la connaissance, mais à l’égard d’un objet de la connaissance et non pas à l’égard de son propre contenu.

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