La coïncidence entre l’opération et son objet se fonde sur leur correspondance mais ne les identifie pas ; la correspondance ne peut pas être la même pour les différentes opérations de la pensée.
Quand on définit la découverte par la coïncidence de l’opération et de son objet, il est évident que ces deux aspects de l’être coïncident mais ne s’identifient pas. On peut dire seulement qu’ils se correspondent, et cette correspondance ne se réalise pas de la même manière dans tous les cas. L’originalité de chaque opération de l’esprit trouve son expression dans son mode de correspondance avec son objet. C’est ainsi que, quand il s’agit d’une opération de connaissance, il semble qu’elle doive étreindre un objet dont elle trace seulement le contour, au lieu qu’en toute opération qui engage notre volonté, elle appelle son objet à l’existence, comme si son contenu était déterminé par sa forme même. Mais il subsiste toujours un intervalle entre l’opération et son objet, et c’est dans cet intervalle que s’insère la conscience, considérée à la fois dans sa lumière et dans le jeu de son activité libre.