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skepvox

Il subsiste une distinction entre la perception et l’objet perçu.

Quand on emploie le mot de perception, il semble que l’on ait affaire à un état unique, présent dans la conscience, à la manière d’un souvenir ou d’une idée, et dont il s’agit seulement de décrire les caractères par opposition à ceux des autres états. Mais cette description aboutit à dissimuler, chez la plupart des psychologues, le rôle joué par l’activité de l’esprit, alors qu’inversement l’idéalisme philosophique tend à réduire ou à absorber tout son contenu. Il faut donc distinguer le percevant et le perçu, mais le difficile est sans doute de montrer comment chaque acte de perception prépare un mode d’appréhension destiné à recevoir tel contenu, problème qui a découragé jusqu’ici les efforts de la réflexion, de telle sorte qu’on a préféré admettre tantôt que la détermination de cet acte provenait uniquement de son contenu, tantôt que c’était lui qui déterminait un contenu primitivement indifférencié. Mais il importe d’observer que si, d’une part, il y a dans l’acte une puissance par laquelle il se révèle capable d’appréhender les contenus les plus variés, et s’il y a dans chaque contenu une richesse interne qui échappera toujours à l’opération, il y a pourtant, au point où la rencontre se produit, une certaine spécificité de l’opération qui est en rapport avec une spécificité du contenu, puisqu’il n’y a point d’objet qui ne réponde à un besoin ou à un manque, ou plus justement encore à une virtualité qui s’actualise dès qu’il est donné. Le passage à l’acte exprime l’opération par laquelle notre être se constitue, mais qui n’est qu’une opération de participation, et que nous ne pouvons pas achever nous-même, c’est-à-dire qui ne nous élève au-dessus de la pure possibilité et ne nous inscrit nous-même dans le réel que par cet objet dont elle évoque et subit la présence, et qui lui donne le contenu qu’elle appelle et qu’elle est incapable de se donner.

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