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skepvox

[Les différents niveaux du réel peuvent être parcourus selon un ordre vertical ou selon un ordre horizontal.]

La dialectique a pour origine l’acte de liberté par lequel le moi se constitue lui-même par participation à l’absolu. La dialectique énumère les conditions mêmes de cette participation et ses effets. On peut dire que cette démarche suppose, d’une part, un intervalle sans lequel il n’y aurait rien, même pas d’absolu, puisque l’absolu est toujours l’absolu d’un relatif ; et, d’autre part, une réalité qui remplit cet intervalle et par laquelle l’absolu répond, par une présence complémentaire, à l’acte imparfait qui s’en détache et serait à lui seul incapable de se soutenir. (Ce que l’on exprime en disant que l’abstrait n’a pas d’existence séparée.) Toutefois on ne pourra méconnaître que l’intervalle, l’acte qui le creuse, et la donnée même qui le remplit n’ont d’existence que dans l’absolu. Le problème essentiel de la dialectique sera de décrire la manière dont chaque acte particulier évoque une certaine donnée, et la manière dont se produit leur ajustement. La dialectique consiste tout entière dans la description des correspondances. Ces correspondances se produisent selon un ordre vertical et selon un ordre horizontal : dans l’ordre vertical, elles nous permettent de descendre de l’absolu jusqu’aux formes les plus délicates du sensible (cet ordre pourra être parcouru dans les deux sens) ; dans l’ordre horizontal, elles nous permettent de voir comment, à tous les niveaux de l’échelle, les formes particulières de la réalité sont corrélatives et complémentaires les unes des autres, à l’intérieur d’une totalité dont elles poursuivent et renouvellent indéfiniment l’analyse, mais sans parvenir jamais à l’épuiser.

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