L’opération corrélative de la donnée est plus proche de l’attention que de l’intention mais les surpasse toutes deux.
L’acte primitif de la conscience n’est pas l’intention, qui accorde une primauté au temps et à la recherche d’une fin : le mot d’attention l’exprime mieux, puisque l’ouverture est alors plus désintéressée et plus parfaite à l’égard de ce qui peut m’être donné. Le mot attention désigne sans doute un acte plus proprement intellectuel, mais il éveille l’intention plutôt qu’il ne la suppose. Dans sa forme la plus pure : « attention à l’être, attention à la vie », il ne contient aucun privilège à l’égard d’un aspect particulier de l’être ou de la vie. L’intention le détermine par une sorte de collusion avec le désir. L’attention est plus proche de l’acte pur ; mais cet acte, à l’échelle de la participation, ne crée rien, il n’est rien de plus que l’accueil en nous de la réalité. C’est elle qui en dessine la forme, loin qu’il lui impose la sienne. Et si l’on pense que le mot attention est trop spécifié encore, et qu’on ne peut concevoir une attention sans objet, alors il suffît d’employer le mot d’acte en tant qu’il désigne l’unité même d’une conscience, qui se scinde en opérations différentes, selon la nature de la fin qu’elle cherche à atteindre ou de l’objet qui lui est offert pour qu’elle le saisisse.