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L’intentionnalité doit être déduite des relations mutuelles entre les divers modes de la conscience.

Les philosophes qui ont réduit la conscience à l’intentionnalité, ont sans doute eu tort de généraliser un caractère qui exprime bien sa finalité et son orientation vers un possible auquel elle demande de se transformer en réel : c’est là peut-être négliger toutes ces découvertes qui s’offrent à nous avant que l’intention soit née, ou qui la suscitent, et nous invitent, par conséquent, à découvrir en nous une intention potentielle dont elles nous donnent la révélation. C’est aussi trop accorder à l’idée d’un certain dessein qui se trouverait dans toutes ses opérations, et dans lequel l’objet, au moins par le besoin que nous en avons, se trouverait d’avance préformé. Du moins cette conception a-t-elle l’avantage de vider la conscience de tout contenu qui la matérialise et de représenter assez bien sa vie intérieure qui oscille tout entière entre deux mouvements opposés, l’un qui nous porte vers les modes particuliers du moi individuel, c’est-à-dire vers le sensible, et l’autre vers l’absolu spirituel qui est la source en nous de toutes les valeurs. Cette intentionnalité siège au niveau du moi transcendantal, qui est médiateur entre les deux autres. Mais elle est double, et porte en elle la possibilité de deux mouvements en sens opposés, à la fois associés et concurrents.

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