[Attention et intention s’impliquent et s’appellent réciproquement.]
On voudrait faire une réserve à propos de l’intention dont il faudrait dire que si elle suppose l’attention, celle-ci pourtant l’implique et ne se passe jamais d’elle. C’est qu’on présente trop souvent l’intention comme si elle avait toujours un objet distinct du sujet, et qui fût, pour ainsi dire, son corrélatif. On ne pourra pas négliger pourtant que l’intention la plus profonde de la conscience est celle qui la prend elle-même pour objet, mais sans en faire pourtant un objet. C’est cette intention de l’intention qui est l’acte essentiel de la conscience ; elle est toujours en rapport avec un objet, sans quoi elle ne serait rien, pas même une intention. Mais on la considère alors à sa source ; alors elle est l’esprit même considéré dans la démarche par laquelle il se crée lui-même en se découvrant, ce qui n’est pas vrai de la découverte par laquelle nous découvrons un autre objet. Peut-être faudrait-il dire qu’il s’agit ici d’une attention à notre intention qui, en se renversant en une intention de notre attention, constituerait le nœud de la conscience transcendantale et de la conscience psychologique.