[L’intention est dans le temps, l’attention est hors du temps.]
Mais cette intention d’une vérité et d’une valeur qui ne se distinguent l’une de l’autre que parce que nous nous référons déjà là à l’opposition de l’intellect et du vouloir, et qui ne sont point encore telle vérité et telle valeur, mérite-t-elle encore le nom d’intention ? N’y a-t-il pas dans l’intention quelque impureté, puisqu’on ne peut la considérer comme libre de tout intérêt, et puisque déjà elle fait intervenir le temps, c’est-à-dire une inadéquation nécessaire entre un avant et un après ? Mais l’esprit, dans sa pointe indivisible, est au-dessus de tout intérêt, comme il est au-dessus du temps. Aussi peut-on dire que l’intention n’est par rapport à l’attention qu’une attention divisée, et qui, déjà, est entrée dans le temps.