[La conscience doit être définie plutôt par son intentionnalité que par son contenu.]
La philosophie contemporaine a été marquée par un abandon de ce langage classique qui attribuait à la conscience un contenu. Car le rapport de contenant à contenu n’a de sens que dans l’espace, et la conscience qui pense l’espace ne peut pas être elle-même spatialisée. On dira, par conséquent, que la conscience est intentionnelle, et l’on essaiera de déterminer quels sont les objets que vise cette intention et la manière même dont ils s’offrent à elle quand ils lui deviennent présents. Ainsi on réintègre la distinction entre l’acte et la donnée qui lui répond, on dénoue par l’observation elle-même la querelle de l’idéalisme et du réalisme, on retrouve le rôle de la finalité caractéristique de la conscience, et dont on comprend bien qu’elle puisse être absente de son objet. On atteint dans la conscience une activité originaire et créatrice d’elle-même, qui participe de la nature du vouloir. On peut considérer l’ordre et la méthode comme les produits naturels de cette activité intentionnelle. Il en est de même du sens et de la valeur dans la mesure où elle est, non pas l’effet du sens, mais sa justification.