Aller au contenu
skepvox

[La découverte est une double ouverture sur] l’absolu et [sur] l’infini.

La découverte philosophique ne se limite jamais à la solution d’un problème particulier qui n’intéresse qu’une discipline spéciale. Elle est proprement, dans chaque problème particulier, la perception de son rapport avec l’absolu, et, par voie de conséquence, la perception pressentie et promise de son rapport avec tous les autres problèmes particuliers. Ce qui explique assez le caractère de la découverte, qui ne peut jamais être un point d’arrêt, mais est une sorte d’ouverture sur moi-même et sur le reste du monde, une sorte de mouvement ininterrompu qu’elle ne cesse de produire, et qui m’apporte toujours quelques nouvelles clartés à la fois sur ce que je savais et sur ce que je cherche. Ici, on fera une triple observation : 1° que la découverte est sans doute une possession, mais la possession d’un acte qui, au lieu de se clore sur un objet particulier, va toujours au-delà ; 2° que c’est ainsi seulement que la découverte peut nous donner à la fois la chose et le sens de la chose : celui-ci ne répond pas seulement, comme on le dit souvent, à l’intention que nous avons sur elle, mais à la totalité des rapports qu’elle soutient avec les autres choses ; elle a un sens potentiel qui dépasse ce que la conscience psychologique est capable d’en actualiser ; 3° c’est son rapport avec l’absolu qui s’exprime précisément par son infinité, c’est-à-dire par l’impossibilité où nous sommes à la fois de l’épuiser par l’analyse et d’épuiser tous les rapports qui l’unissent à tout l’univers.

Supprimer le surlignage