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skepvox

[La découverte permet] la réconciliation de l’immanence et de la transcendance.

La participation éclaire ici la signification de la découverte par le rapport qu’elle nous permet d’établir entre l’immanence et la transcendance. Car la découverte, c’est la chose en tant qu’elle nous devient présente, c’est-à-dire en tant qu’elle est immanente à notre expérience. Et pourtant, nous savons bien qu’il n’y a pas de découverte où cette présence soit plénière et absolue. Ainsi, bien que la chose soit présente dans la perception et ne soit point un au-delà, la perception n’est point la chose, qui renferme encore une infinité de caractères que la perception n’achèvera jamais de nous représenter : elle est donc aussi, en un certain sens, transcendante à la représentation que nous en avons. Il en est ainsi du passé à l’égard du souvenir qui nous le rappelle : il est présent dans le souvenir, et il est pourtant au-delà, de telle sorte que la mémoire n’achèvera jamais de nous le représenter. Que dire encore d’un autre être que nous ? En considérant les consciences comme fermées les unes pour les autres, on doit considérer la conscience d’un autre comme décisivement transcendante à notre égard. Mais cela n’est vrai en lui que de son moi psychologique : nous lui demeurons unis, et même, en un certain sens, identiques, par le moi transcendantal et le moi absolu par lesquels toutes les consciences communiquent. Et c’est le propre de cette faculté qu’on appelle imagination, de descendre du moi transcendantal vers le moi psychologique, en nous permettant précisément de nous représenter en nous des états dont nous portons la possibilité et qui sont encore en nous, bien qu’ils ne soient plus nous. Ainsi on voit combien nous sommes loin de penser, avec Scheler, que la seule sympathie permet aux différents « moi » psychologiques de communiquer les uns avec les autres. Elle n’est qu’une sorte d’expression dans le langage de la sensibilité de cette sorte de liaison de tous les « moi » psychologiques avec le moi absolu, par l’intermédiaire du moi transcendantal. Outre qu’il y a un danger à penser que cette sympathie à l’égard d’autrui est non seulement la meilleure des choses, mais un sentiment que j’ai le devoir de faire naître (malgré la résistance et l’impossibilité que ma conscience lui oppose), alors que malgré la force de l’égoïsme je suis bien loin souvent d’éprouver un sentiment de sympathie à l’égard de moi-même et à l’égard de toutes les parties de moi-même. A l’échelle de la conscience psychologique, les sentiments d’amour et de haine doivent être réglés, et, de tous deux, on peut faire un bon et un mauvais usage.

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