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skepvox

La découverte réconcilie l’intellect et le vouloir.

La découverte résout, semble-t-il, l’antinomie de l’intellect et du vouloir. Car le propre de l’intellect, c’est [sans doute] de nous permettre la contemplation de ce qui est ; l’on comprend [ainsi] que le rôle de l’intellect ce soit d’opérer la découverte au lieu que la volonté ajoute à ce qui est ; son rôle, c’est donc d’inventer. Mais on ne peut rompre l’unité des fonctions de l’esprit. Alors on observe, d’une part, que cette fonction contemplative de l’intellect est telle que, comprendre, pour lui, c’est retrouver dans le réel les exigences de sa propre opération, de telle sorte qu’il lui semble toujours que le contempler, c’est le construire ; d’autre part, cette fonction créatrice de la volonté possède beaucoup moins de pureté, puisqu’elle est toujours entravée par les obstacles que la matière lui oppose, de telle sorte que son effet est toujours un composé de notre intention, de nos efforts et de l’ordre des événements. Cependant, dans la découverte, il se produit une sorte de convergence, et, à la limite, une identité entre l’intellect et le vouloir : car en ce qui concerne l’intellect, il nous fait connaître ce qui est, mais nous avons voulu le connaître, et la connaissance, c’est notre vouloir achevé ; et en ce qui concerne le vouloir, il ne peut s’exercer que s’il est éclairé et il n’agit que pour que l’intelligible soit non seulement pensé, mais réalisé. Nous tendons, par conséquent, vers une sorte de rencontre de l’intellect et du vouloir qui ne se produit pas toujours, mais qui, quand elle se produit, nous apprend à vouloir le monde tel que l’intellect nous le découvre, ou à le penser tel que la volonté le modifie, comme si son action n’était rien de plus qu’un aspect de l’ordre même qui le constitue. C’est en ce point sans doute que réside l’extrémité de la sagesse.

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