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skepvox

La donnée et l’opération non seulement se correspondent, mais se surpassent mutuellement.

On comprend maintenant pourquoi, bien que chaque donnée réponde exactement à l’opération qui l’a fait naître, cette correspondance ne suffit pas pourtant à enfermer la découverte. Car il y a toujours un double surpassement de la donnée par l’opération, qui a encore du mouvement pour aller au-delà, et de l’opération par la donnée, que l’opération n’achèvera jamais d’épuiser. Derrière l’opération, il y a l’infinité même de cet acte, réduit pour nous à l’état de puissance non exercée, et derrière la donnée, il y a l’infinité de ce même acte en tant que possibilité non actualisée. C’est pour cela que, dans la plénitude de l’acte pur, si l’on ne fait pas état de la participation, le monde se dissout. Mais le propre de la découverte, c’est non pas seulement de terminer l’opération, mais de la renouveler et de la multiplier indéfiniment ; elle s’épanouit et fructifie en donnant naissance à d’autres opérations que l’esprit entreprend déjà d’accomplir. On ne peut donc pas dire que la donnée s’est substituée à l’opération, qui en reçoit au contraire une impulsion nouvelle. De même la donnée n’est jamais une présence complète et suffisante. Elle appelle d’autres présences qui commencent à nous être révélées et qui sont comme une promesse qui, elle-même, ne connaîtra jamais de terme. Aussi peut-on dire que dans l’actuel, la découverte produit une sorte de réconciliation du passé et de l’avenir : elle change tout le passé, mais en l’intégrant dans ce qu’aujourd’hui elle nous montre. Et elle nous ouvre tout l’avenir dont il lui semble déjà qu’elle dispose dans l’acte par lequel elle le pressent et elle l’engage [cf. Prop. XIX, liv. III].

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