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skepvox

La description s’étend aussi aux relations [entre les choses, ou entre les choses et la conscience.]

On a tort sans doute d’établir une opposition radicale entre la pensée qui construit et l’expérience qui décrit. Car la pensée qui construit se décrit elle-même dans ses propres opérations. Et l’expérience ne décrit pas au hasard, mais selon un ordre qui est tel que l’on croit construire l’expérience au moment où l’on décrit une certaine construction qui lui est immanente. Une relation ne se surajoute pas à la totalité de l’expérience, mais elle en fait partie, elle demande à son tour à être décrite. Le danger est seulement de vouloir dissocier les exigences de la pensée des données qui les appellent ou qui leur répondent, ou ces données elles-mêmes des opérations par lesquelles elles sont posées et liées les unes aux autres. C’est ce qui explique le mot célèbre de Leibniz, cruel à l’égard de Descartes : « J’aime mieux un Leuwenhoeck qui me dit ce qu’il voit, qu’un cartésien qui me dit ce qu’il pense. » Mais celui qui voit vraiment voit si l’on peut dire avec tout son être, c’est-à-dire avec les yeux de l’âme aussi bien qu’avec ceux du corps. Le propre de la découverte, c’est donc de décrire tous les objets de l’expérience, mais sans jamais omettre tous les mouvements de la conscience qui s’y trouvent associés ou impliqués. La découverte de ces associations et de ces implications, c’est la philosophie elle-même.

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