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skepvox

Le prestige de l’invention vient de la nouveauté qu’on lui prête et dont on est avide, mais la découverte porte sur ce qui est caché.

Les hommes sont avides de nouveauté, cherchant toujours à s’arracher au présent après l’avoir effleuré et persuadés que c’est la nouveauté qui les fait participer à l’acte créateur ; elle seule leur apporte cette émotion inséparable du passage toujours recommencé du néant à l’être. Ce goût de la nouveauté s’explique en grande partie par le goût du divertissement et par une inclination à se fuir plutôt qu’à se trouver. Mais de là vient le prestige exercé sur les hommes par une apparente invention. Cependant, il y a une nouveauté toute différente qui consiste dans la révélation d’une réalité que l’on portait en soi ou qui nous était depuis longtemps donnée sans qu’on l’ait aperçue. La métaphysique, qui a pour objet l’être et non point ses modes, ou, si l’on peut dire, ses modes éternels, ne peut avoir recours, sous peine de manquer de sérieux, qu’à la découverte. Non point que la découverte ne puisse être considérée comme une invention de la connaissance, mais elle ne porte que sur la connaissance d’une réalité que l’on n’invente pas. Non point que cette réalité elle-même ne soit pas une sorte d’invention de tous les instants ; mais cette invention, loin de rien ajouter à l’être, c’est l’être même tel qu’il se manifeste à nous dans le temps. Seulement cette découverte, nous ne cessons de la refaire et de l’approfondir parce que l’être qu’elle nous découvre est un être caché, qui se dérobe toujours à nous par un effet de notre distraction et de notre frivolité.

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