[La méthode emprunte une] voie moyenne entre la construction et la description.
On imagine tantôt que la méthode consiste dans une simple description du donné, tantôt dans une construction qui, étant assez poussée, devrait se substituer au donné, tantôt dans une rencontre entre le construit et le donné qui viennent s’étreindre ou se recouvrir par une sorte de hasard miraculeux. Quand on s’engage dans la première voie, on a affaire à l’empirisme, quand on s’engage dans la seconde, à l’idéalisme, quand on s’engage dans la troisième, au kantisme. En réalité, la diversité de ces doctrines montre bien que l’on peut partir indifféremment du donné ou du construit, mais on ne peut séjourner dans le donné sans remonter jusqu’à l’acte qui se le donne, on ne peut se contenter du construit sans qu’à un certain moment il requière la présence d’une donnée dont il nous offre lui-même la présence. Tout l’effort de la dialectique est de montrer comment il y a, entre ce construit et ce donné, correspondance, c’est-à-dire comment telle opération de l’esprit appelle telle forme de donné et vient pour ainsi dire s’achever en elle.