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skepvox

[L’analyse des correspondances réglées entre l’opération et la donnée constitue tout l’objet de la dialectique.]

La difficulté, c’est de montrer comment peut s’établir une correspondance réglée entre l’opération et la donnée ; mais c’est là précisément tout l’objet de la dialectique. Nous avons affaire ici à des lois subtiles, qui sont comparables en un sens à ce qu’est en physique la loi de l’action et de la réaction. Nul ne doute que ce que je vois dans le monde soit toujours en rapport d’une certaine manière avec l’attention qui s’y applique, que le succès que j’obtiens ne soit de quelque manière en rapport avec mon intention, que la conduite des autres hommes à mon égard ne soit en rapport avec la mienne. Toutefois ces rapports ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le croire : ils ne se réduisent pas à une sorte d’égalité entre la cause et l’effet. Ou du moins la donnée qui vient répondre à l’opération répond à la réalité profonde de cette opération, plutôt qu’à la conscience même que j’en ai (car cette conscience est toujours impure comme l’opération elle-même et elle ne s’exerce jamais que dans la relation même de cette opération avec une donnée déjà présente). Et il y a toujours dans la donnée une infinité latente qui surpasse l’opération et qu’elle ne parviendra jamais ni à actualiser, ni à réduire.

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