[Tout acte appelle et implique une donnée corrélative.]
C’est seulement dans l’acte de la conscience que nous sommes sûrs de tenir l’absolu, puisque cet acte est à lui-même sa propre origine et qu’il n’y a rien derrière lui dont il puisse être l’image imparfaite. Mais cet acte ne se suffit pas pourtant à lui-même. Il est engagé dans le temps : il tend vers une fin qui est autre que lui-même, sans quoi elle ne lui apporterait rien. Il est avide d’une possession. Par conséquent, on peut dire que tout acte appelle une donnée qui lui est corrélative. Il n’y a pas d’acte de connaissance qui n’exige d’être la connaissance de quelque chose. Le désir, le vouloir aspirent également vers un bien dont on peut penser qu’ils se le donnent, mais qui, en réalité, leur vient par le dehors. L’amour implique la présence d’un autre être qui nous rend cet amour. Et c’est dans ce rapport entre une opération que nous accomplissons et une donnée qu’elle évoque, et qui lui répond plutôt qu’elle ne la produit, que réside tout l’effort de la dialectique.