Le mot de découverte paraît impliquer d’abord une exploration spatio-temporelle du monde, c’est-à-dire que la découverte se présente d’abord comme historique et géographique ; mais elle ne mérite ce nom que par l’usage que notre activité est capable d’en tirer.
Si la découverte affecte d’abord un caractère spatial et temporel, c’est parce qu’on ne considère d’abord en elle qu’une donnée qu’elle révèle, mais qu’elle ne crée pas, et qui, par conséquent, est nécessairement située à l’intérieur de ces deux milieux, qui sont les conditions mêmes de notre expérience. La découverte apparaît donc comme un enrichissement perpétuel de l’horizon historique et géographique. Ce n’est là pourtant que son aspect extérieur. Car elle n’est rien que par l’acte même qui se le donne, qui en dispose, qui en fait le point d’application et l’effet d’un exercice de ses puissances par lequel la conscience s’enrichit elle-même indéfiniment. A ce moment-là seulement on a affaire à une découverte véritable, dont la valeur ne cesse de croître par une sorte de réaction mutuelle indéfiniment poursuivie entre la sollicitation que nous adressons au réel et la réponse que le réel ne cesse de nous faire.