La participation explique et exige la dualité, dans le moi, d’un spectateur qui contemple le monde, et d’un acteur qui contribue à le produire et seul lui donne son sens.
La participation exige qu’il y ait en nous un spectateur qui contemple un monde qu’il n’a pas fait, et un agent qui s’introduit en lui d’une manière beaucoup plus profonde et contribue à le modifier, c’est-à-dire à le produire. Or, ceux qui s’en tiennent au spectacle pur sont incapables de comprendre le sens que le monde peut avoir. L’existence même de ce spectacle est pour eux un continuel miracle. Au contraire, si nous considérons dans le moi l’activité qu’il exerce, et par laquelle il se détermine, il est évident qu’une telle activité est nécessairement orientée, et, cherchant ce qui lui manque, elle donne un sens, à la fois au spectacle du monde sans lequel elle serait incapable de s’insérer elle-même dans le monde, à toutes les fins qu’elle peut poursuivre, à tous les objets qui sont en rapport avec ces fins et sans lesquels il serait impossible aussi bien de les poser que de les atteindre. Ce qui ne veut pas dire que c’est notre volonté qui donne son sens au monde, mais c’est une réflexion de notre intellect sur cette volonté elle-même, dès qu’il a retrouvé la source dont elle procède et le terme vers lequel elle tend.